Au sommaire ce mois-ci :
p.1 et 2 : L’édito / p.2 : International : Haut-Karabakh et Chili / p.3 à 6 : Place au débat : Nationalisation d’EdF contre retour d’Hercule / p. 6 : Avez-vous remarqué ? : Désindustrialisation et libre échange / p. 7 et 8 : Coup de gueule : Les conseils en économie d’énergie au 20h de TF1 / p.8 : Les bras m’en tombent : « En 75 ans, ils n’ont pas changé »
L’édito de Marinette Bache
9 voix. Il a donc manqué 9 voix pour que la motion de censure consécutive au projet de loi gouvernemental sur les retraites soit votée. Saluons les députés -y compris ceux qui ont pris le risque de s’exprimer contre la consigne de leur groupe- qui ont entendu la colère du peuple. A la suite, Macron a de nouveau étalé son mépris pour près de 80% des Français qui refusent cette réforme en ne tirant aucune leçon de cet épisode. Il ne remaniera pas le gouvernement, il ne dissoudra pas l’Assemblée nationale, il ne décidera pas de consulter le peuple français. Et tandis qu’il refuse de recevoir les organisations syndicales, Borne, elle, a l’aplomb de regretter, au perchoir, le peu de débat au Parlement alors qu’elle a constamment utilisé les articles 49-3 et 44-3. Leur suffisance est sans limite. Ce seront eux les responsables de l’installation possible d’un chaos généralisé dans notre pays. On ne peut reprocher aux Français de perdre le calme qui a présidé à toutes les nombreuses et considérables manifestations qui se sont tenues depuis le début du mouvement social. Cette « réforme » des retraites qui tourne le dos à ce qu’est la France, contribue à élargir un peu plus le gouffre qui s’est ouvert entre le peuple et les institutions censées le représenter mais dont, il faut le rappeler, elles n’ont obtenu dans les urnes qu’entre 20 et 25% d’approbation. On ne gouverne pas sereinement quand les ¾ de la population sont contre vous. Et quand on passe en force, il y a un retour de bâton.
D’un point de vue constitutionnel, sur proposition du groupe communiste et avec le soutien de l’Intersyndicale, 252 députés ont déposé le 17 mars un projet de loi référendaire interdisant de repousser l’âge de départ à la retraite. Dès que le Conseil constitutionnel donne le feu vert, la réforme des retraites est suspendue pour neuf mois, le temps d’organiser et de mener une grande campagne populaire pour recueillir les signatures de 10% du corps électoral, soit environ 4,7 millions de personnes. Ce chiffre est atteignable, avec les organisations syndicales qui maintiennent leur précieuse unité, avec le soutien des partis de gauche et des politiques sincères qui refusent de se couper de leur base, avec les 80% de Français qui refusent le diktat ultra-libéral de Macron, Borne et Cie.
Au sommaire ce mois-ci :
p.1 et 2 : L’édito / p.2 : Avez-vous remarqué ? la mobilisation des jeunes et de nouveaux manifestants / p.3 à 6 : Place au débat : La refondation de la santé / p. 6 : International : Grande-Bretagne et Portugal / p. 7 : Actualité sociale : Convergence pour nos retraites, nos services public et notre Sécurité sociale / p.8 : Coup de gueule : Éducation nationale : quand on atteint le fond, la Cour des Comptes suggère de creuser encore un peu
L’édito de Marinette Bache
Chaque année les entreprises reçoivent 157 milliards d’aides publiques ; elles en reversent 80 à leurs actionnaires.
Vinci affiche en 2022 un bénéfice net de 4,26 milliards d’euros soit une hausse de 64%. La moitié provient de sa branche autoroutière ; Vinci va augmenter ses tarifs d’autoroute de 4,74%.
TotalEnergies fait 20 milliards de bénéfices et paie 0€ d’impôt sur les sociétés. Bruno Le Maire est au courant… mais ne lève pas le petit doigt.
BNP Paribas annonce un bénéfice net record de 10,2 milliards d’€ en 2022. BNP Paribas prévoit la suppression de 921 emplois en France.
LVMH (Vuitton, quoi) a réduit ses impôts de 518,1 millions d’€ en 10 ans (de 2007 à 2017) au titre de sommes versées à la Fondation… Louis Vuitton selon la Cour des Comptes, soit 8,1% de la dépense fiscale de l’Etat au titre du mécénat des entreprises. La principale activité de cette Fondation a été la construction d’un bâtiment dans le bois de Boulogne…
Les 500 plus grosses fortunes françaises ont vu leur richesse augmenter de 30% en un an, soit 1 000 milliards ; les 40 plus grosses sociétés de la Bourse de Paris (le CAC 40) ont distribué 80 milliards de dividendes à leurs actionnaires en 2022, un record ; les revenus financiers (actions, intérêts financiers...) représentent 385 milliards par an mais ne cotisent pas pour les caisses de retraites.
Voici donc un petit inventaire, parcellaire, du bilan de ce gouvernement ultra-libéral mené par Macron et Borne.
Ce même gouvernement qui a décidé contre 75% du peuple français, de casser définitivement le système de retraite mis en place à la Libération, dans la foulée et dans l’esprit du programme du Conseil National de la Résistance. Ce gouvernement est, de loin, le plus à droite des gouvernements de la 5ème République ; il ajoute à sa politique au service des ultra-riches un profond mépris du peuple. C’est pourquoi notre victoire pour nos retraites doit être totale, c’est pourquoi l’unité des organisations syndicales et, derrière elles, des salariés, de tous ceux qui vivent de leur travail, du peuple français est tellement importante.
Avec les manifestations des 31 janvier, 7, 11 et 16 février -et les 2,8 millions de manifestants pour la seule journée du 7 février-, nous avons tellement fortement marqué l’opinion que même la presse aux ordres n’a pas osé nier le succès phénoménal de ces mobilisations. Saluons la volonté d’unité des OS entre la CGT qui veut allier mobilisation et grèves, voire blocages et la CFDT, qui souhaite laisser la possibilité aux salariés de manifester le samedi sans perdre de journée de travail ; et même si on sait que, de tout temps, le patronat n’a jamais cédé qu’à la force, laissons les travailleurs gérer cette montée en puissance à leur rythme et dans l’union. Le 7 mars sera, avec le retour d’étudiants très motivés (de nombreuses universités étaient entrées en lutte avant les congés de février), va venir le temps de passer la surmultipliée.
Borne affirme -on la croit- qu’elle n’a « aucun état d’âme » et que -on fait le nécessaire pour lui donner tort- « la réforme se fera » mais le gouvernement qui vient de voir l’article 2 retoqué, en est réduit à un marchandage de bas étage avec la partie la plus libérale de LR (les amis de Ciotti). Une partie des députés macronistes est mal à l’aise avec cette réforme qu’ils qualifient de « paramétrique, bête et méchante » et ils savent que si, dans 3 ans, Macron retournera au chaud, à la banque Rothschild, eux devront se représenter devant les électeurs…
Jamais un gouvernement n’aura autant raté sa communication sur un projet de loi. On pourrait presque en rire, mais il faut se rappeler que le 1er axe de cette communication était : « c’est une réforme juste » ! Aujourd’hui cela a évolué en « nous ne sommes pas assez pédagogiques, nous ne nous sommes pas assez expliqués ». Résultat : les Français sont exaspérés. Ils refusent cette réforme qu’ils savent profondément anti-sociale ; et ils n’apprécient pas de se faire traiter d’imbéciles qui ne comprennent rien par ces pédants arrivistes. (...)
Au sommaire ce mois-ci :
p.1 et 2 : L’édito / p.2 : International / p.3 à 6 : Place au débat : Retrait de la réforme des retraites, mère de toutes les réformes / p. 6 : Avez-vous remarqué ? - Les Bras m’en tombent / p. 7 : Actualité sociale : Réponse à la crise énergétique : encore un effort Monsieur le Président ! - Brèves sociales / p.8 : Coup de gueule : La santé de tous mérite mieux qu’une grève corporatiste
L’édito de Marinette Bache
"La retraite ne doit plus être l’antichambre de la mort, mais une nouvelle étape de la vie". Ambroise Croizat.
Avec la mise en cause annoncée de notre système de retraite que veulent faire passer, à coups de nouveaux 49-3, Macron et Borne, nous sommes à l’opposé de l’esprit du Conseil National de la Résistance qui a présidé aux grandes réformes progressistes de la Libération. Les législateurs d’alors, dans un consensus national, souhaitaient mettre en place les éléments d’une société plus égalitaire, donnant sa chance à chacun, s’occupant des plus faibles et n’abandonnant pas les vieux travailleurs mais, au contraire, leur permettant de vivre décemment.
Lors de ses vœux, Macron a confirmé que 2023 serait l’année où il présenterait sa réforme au prétexte toujours seriné d’assurer l’équilibre du système et de préserver le système par répartition. Peu lui importe que cela soit mensonge éhonté comme le démontre le COR (cf nos précédents « Place au débat ») ou Éric Chenut, président de la Fédération nationale de la Mutualité française. Celui-ci explique, qu’avec cette « réforme », les "impacts seront plus élevés en matière de prévoyance sur les contrats des mutuelles" et que le report du départ de l’âge à la retraite à 65 ans "pourrait aboutir à une nécessité de coûts en prévoyance aux alentours de 10 milliards d’euros" supplémentaires. Les tarifs des mutuelles vont augmenter en moyenne, cette année, de 4,7% ; jusqu’à quand les Français pourront-ils se payer cette assurance complémentaire ? Quand les mutualistes et les assureurs s’inquiètent de leurs comptes, on imagine également les conséquences sur ceux de la Sécurité sociale : c’est elle qui assume la plus grosse part ! Quelle hypocrisie que de prétendre vouloir sauver les régimes de retraites tout en sachant qu’on augmente les accidents de travail, plus nombreux avec l’âge, les charges des salariés et donc les dépenses que devra assumer la sécu !
L’essence de cette réforme est foncièrement inégalitaire. Le gouvernement essaie d’opposer no seulement les très riches mais ce qu’il est convenu d’appeler la « classe moyenne » qui est encore très large aux catégories modestes, pauvres voire déclassées. Disons tout de suite qu’il n’y est pas vraiment parvenu puisque son idée de réforme est rejetée par plus de 70% de la population qui ne tombe pas dans le piège de cette manipulation. Macron et Borne cherchent à dresser la classe moyenne qui paie ses impôts aux « assistés » qui profiteraient de « privilèges ». Raté ! Aujourd’hui, chacun sait qu’il peut, d’un jour à l’autre, perdre son emploi, tomber dans la catégorie des défavorisés et avoir besoin de la solidarité nationale (que dire d’ailleurs de la « réforme » de l’assurance chômage !). Et surtout chacun sait que tout n’est pas mis sur la table, que les ultra-riches, de plus en plus riches, utilisent des conseillers fiscaux qui leur permettent de se soustraire au financement de la solidarité, chacun connait l’ampleur des fraudes fiscales, chacun sait que de nombreuses entreprises -et parmi les plus grandes- ne paient pas leurs cotisations ou ont eu droit à de multiples allègements qui ont largement participé au prétendu « déficit » de la Sécu. S’il y a un responsable c’est du côté de ceux qui ont les moyens de frauder ou de s’exonérer de qu’il faut chercher, pas du côté des catégories sociales modestes dont on a d’ailleurs, au fil des ans, réduit leurs droits à ce qui s’apparente à des aumônes. (.../...)
Au sommaire ce mois-ci :
p.1 et 2 : L’édito / p.2 : Actualité sociale : Turbines Arabelle - Retraites / p.3 à 6 : Place au débat : Financement des services publics et de la Sécurité sociale / p. 6 : Avez-vous remarqué ? : Accidents du travail / p. 7 : International : Iran – Politique économique des États-Unis / p.8 : Coup de gueule : Le gouvernement se moque des conséquences de ses décisions
L’édito de Marinette Bache
« Et maintenant les retraites ! » C’est l’objectif en vue pour Macron, Borne et leurs sbires. Plus de 3 Français sur 4 refusent cette réforme et pensent qu’elle ne sera d’aucun intérêt, d’aucun bénéfice pour eux comme pour les jeunes générations. On peut en effet se demander quel est le bon sens qui conduit à faire travailler les seniors jusqu’à 65 (ou 67) ans alors que les jeunes ne trouvent pas d’emploi. Au prétexte d’une mauvaise situation financière des régimes de retraites, essentiellement due à la présentation qu’il en fait, le gouvernement présente le recul de l’âge de la retraite comme la seule solution. Or d’autres solutions de financement existent que les organisations syndicales et, également certains partis politiques, présentent. Voila donc LE sujet sur lequel les Français doivent être consultés. On ne peut leur imposer cette nouvelle casse de leur système social : un référendum est un impératif.
La « sobriété énergétique », c’est le nouveau slogan impératif que nous imposent ceux qui voyagent en jet, qui organisent la coupe du monde de football au Qatar, qui livrent la SNCF à la concurrence au mépris de la desserte de l’ensemble de notre territoire et pour le plus grand profit du trafic routier international… Pensent-ils vraiment que les Français chauffent leur domicile toutes portes ouvertes pour le plaisir de dépenser les euros qu’ils n’ont pas ? Qu’ils se servent de leur voiture alors que de nombreux moyens alternatifs leur tendent les bras, particulièrement en zones rurales ? Le pire, c’est qu’ils sont peut-être assez à côté de la plaque pour cela : quand le gouvernement compte 19 millionnaires on peut croire qu’ils ne savent pas grand’ chose des difficultés de vivre du peuple ! Ils mettent l’augmentation du prix de l’énergie sur la guerre en Ukraine (à laquelle ils prennent, par ailleurs, grand soin de ne pas chercher d’issue), achètent du gaz de schiste aux États-Unis après avoir stoppé notre énergie nucléaire qui assurait notre indépendance à un prix raisonnable. Aujourd’hui la production électrique des centrales nucléaires est historiquement faible : 23 des 56 réacteurs sont toujours stoppés, ceci est dû à l’arrêt de leur entretien et la reprise ne peut se faire que lentement. Voici le résultat de l’incurie dogmatique soi-disant écologique conjuguée au libéralisme qui a conduit aux privatisations d’EdF et de l’énergie en général !
Comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire dans des éditos précédents, ils ne sont pas seulement riches, ils sont corrompus. Les liens avec le géant du conseil américain, Mc Kinsey, sont maintenant patents. La nouveauté c’est qu’ils pourraient être plus étendus qu’on le croyait. Le Parquet national financier (PNF) a joint à son enquête sur Mc Kinsey pour « blanchiment de fraude fiscale » des faits de « financement illégal de campagne » et « favoritisme ». Il s’agit des deux campagnes présidentielles de 2017 et de 2022 d’Emmanuel Macron. Les faits sont ainsi qualifiés : « tenue non conforme de comptes de campagne et minoration d’éléments comptables dans un compte de campagne, portant sur les conditions d’intervention de cabinets de conseils dans les campagnes électorales de 2017 et 2022 ».
Au sommaire ce mois-ci :
p.1 et 2 : L’édito / p.2 : International : Brésil, Etats-Unis, Belgique / p.3 à 6 : Place au débat : Transition énergétique et mondialisation – Avez-vous remarqué sur les loyers / p. 7 : Actualité sociale SNCF et RATP / p.8 : Coup de gueule : Energie : ce n’est pas aux salariés de payer la note ! – Humeur : fermeture d’Euroserum
L’édito de Marinette Bache
Nous sortons donc d’une période de « 49-3 » pour le budget national comme pour celui de la sécurité sociale. Macron a fait passer ses budgets solidement ancrés à droite sans aucun débat. A vrai dire les débats n’auraient pas changé grand-chose : la droite libérale est majoritaire à l’Assemblée nationale. Les LREM ont juste démontré une fois de plus qu’ils n’entendaient pas manifester la moindre attention démocratique à l’opposition. Et cela aura aussi été l’occasion de voir qu’il ne faut pas jouer avec le feu : le RN s’est bien découvert par la sortie raciste d’un de ses députés, au point où Marine Le Pen qui a beaucoup fait pour donner une image respectable de son parti, doit en être malade ! Cette période a aussi été l’occasion de voir réapparaitre l’idée de « dissolution ». Ne nous y trompons pas. Seul le RN y gagnerait. Cette menace macroniste ne sert qu’à maintenir les députés issus de la droite classique (LR) dans l’alliance objective avec le gouvernement. Pas de problème de conscience entre LR et LREM ; comme je l’ai déjà développé dans des éditos précédents : ils forment ensemble une majorité d’idées. Ils ont voté ensemble contre l’ISF contre l’augmentation du SMIC, ils voteront ensemble sur la hausse de l’âge de départ à la retraite, sur le projet de loi sur l’immigration… et le budget 2023 leur va à tous ! Bien sûr, cette situation peut ne pas tenir indéfiniment car au-delà des convergences d’idées, il y a les intérêts personnels de boutique. Pour le moment les uns comme les autres -mais les partis de gauche dans leur diversité également- ont tout à perdre d’un retour devant les électeurs, alors cette majorité libérale gouverne ensemble sans l’afficher.
Que dire donc de ce budget adopté par le 49-3 ? Qu’il est bien conforme à ce qu’on en attendait.
Malgré les déficits et les inégalités, malgré les trains supprimés faute de personnels, malgré les délais de plusieurs mois pour une consultation hospitalière, malgré la justice au (très) long cours, malgré les classes fermées et les enseignants embauchés en 30mn et formés en 2h,… le dogme du moins d’impôts à l’aveugle fait toujours son chemin. On sait combien cette idéologie est inégalitaire : Lors de son premier quinquennat, Macron a amputé de 24,4 milliards d’euros par an les impôts sur les ménages, et ceci a d’abord profité aux plus aisés : selon les données de l’Institut des politiques publiques environ 40 % du pactole a bénéficié aux 20 % de Français les plus riches et seulement 20 % aux 50 % les plus pauvres. Sans compter les dégâts occasionnés aux politiques, au secteur et aux services publics, tous instruments de réduction des inégalités… Et les plus gros rabais ce sera, bien sûr, pour le patronat. (...)
REsistance SOciale
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Tel : 06 33 82 05 15
Présidente de RESO
et directrice de la
publication :
Marinette BACHE