Convergence nationale de défense et de développement des services publics
Compte-rendu de l’Assemblée générale de Cognac (29 et 30 novembre)
Mis en ligne le 15 décembre 2008
Cette assemblée générale s’est tenue à l’Espace 3000. Nous y avons été extrêmement bien accueillis par le maire et les camarades de Cognac et des environs. (...)

(...) Il y avait une centaine de responsables syndicaux (forte représentation : J.-M. Canon, SG de l’UGFF CGT, J.-M. Nathanson, SN de Solidaires, J.-M. Drevon, SN de la FSU, la CGT Poste et la CGT Transports, D. Robin, SG du SNES….), d’élus, de maires, députés-maires (M.-F. Beaufils), de membres ou représentants de collectifs (dont la coordination nationale des hôpitaux et maternités, le collectif national contre les franchises…), de militants de divers partis de gauche…

Il y a eu de nombreux témoignages sur les offensives du gouvernement Sarkozy contre les services publics, au niveau local et au niveau national (enseignement, santé, Poste, SNCF, INSEE, Météo, RGPP…). Certes, des atteintes aux services publics, au secteur nationalisé ont eu lieu avant la présidence de Nicolas Sarkozy, mais maintenant c’est notre modèle social qu’il a décidé d’abattre selon ses propres propos.

Il y a de nombreuses luttes, des manifestations et grèves chaque semaine.

Pourtant, elles ne suffisent pas à stopper l’offensive, encore moins à reconquérir et développer les services publics dont la population a encore plus besoin en ces temps de crise.

Pourtant, il crève les yeux que si les banques avaient exercé leur mission et n’avaient pas été privatisées, elles n’auraient pas perdu des milliards dans la spéculation (Société générale, Dexia, Caisse d’épargne… ) et l’économie se porterait mieux. Mais N. Sarkozy n’en a cure. Il continue de vouloir libéraliser (transposition de la directive mettant fin au monopole sur le courrier de moins de 50 g) et privatiser la Poste, l’hôpital (projet de loi Bachelot), la SNCF (directive libéralisant le trafic voyageur dès 2010), supprimer des postes dans l’enseignement, ...

A cette offensive nationale, soutenue par Bruxelles, Wall Street…, il faut une riposte de grande ampleur, nationale, unitaire, convergente, associant les personnels et leurs syndicats, les partis politiques de gauche et leurs élus, les usagers et leurs associations.

Il y a urgence. Parmi les échéances proches il faut empêcher la privatisation de la Poste et obtenir le retrait de la loi Bachelot, dont la critique a fait l’objet de multiples interventions tant elle affecte tous les domaines de la santé.

Nous avons rédigé l’appel suivant :

APPEL DE COGNAC

Tous ensemble, construisons la convergence des luttes pour le service public.

Il y a urgence !!!

L’attaque globale et cohérente contre l’ensemble des services publics s’est violemment accélérée : révision générale des politiques publiques (RGPP), projet de loi Bachelot sur la santé et la sécurité sociale, loi sur l’audiovisuel, « réformes » du système éducatif, judiciaire, de la statistique publique, météo, de la SNCF, projet de privatisation de La Poste, (…) suppressions massives d’emplois et remise en cause du principe statutaire dans la fonction publique.

Aux niveaux local, national et européen, la politique du président de la République et de son gouvernement organise la rupture avec un modèle social déjà bien mis à mal. Nous voulons au contraire l’améliorer et le démocratiser. L’égalité et la solidarité, les biens communs et les services publics doivent permettre l’exercice par toutes et tous des droits fondamentaux et répondre aux besoins essentiels des populations. Le Service Public est notre richesse !

Nous refusons une société fondée sur la libéralisation des marchés, les privatisations, les égoïsmes et la mise en concurrence. Nous y opposons les coopérations, les solidarités et l’intérêt général.

Nous inscrivons aussi notre combat dans la perspective d’une Europe sociale et démocratique. Nous n’acceptons pas que soient débloqués en quelques semaines des centaines de milliards d’euros pour les banques et les compagnies d’assurance, sans aucun contrôle ni garantie, alors que les caisses sont déclarées vides pour :

- satisfaire des revendications élémentaires de dignité,
- participer à une plus juste redistribution des richesses,
- permettre aux politiques publiques de répondre aux besoins accrus de services publics face à la crise et aux difficultés sociales et environnementales qui vont frapper le plus grand nombre.

Les mobilisations locales et sectorielles sont nombreuses pour la défense des services publics. Elles sont unitaires et rassemblent dans des collectifs, citoyen(ne)s, salarié(e)s, syndicats, partis et élu(e)s.

Nous lançons un appel à tous les collectifs, à toutes les organisations syndicales, associatives et politiques pour construire dans la durée les convergences nécessaires et un mouvement d’urgence, d’envergure nationale, dans les prochaines semaines, capables d’inverser la logique actuelle, afin :

- de mettre en échec tous les projets de casse des services publics.
- d’améliorer et de développer les missions de service public en dehors de toute privatisation ou externalisation,
- de leur donner les moyens humains et financiers de pouvoir les assumer,
- de les démocratiser tant dans leur accès que dans leur fonctionnement.

Nous invitons les organisations syndicales, associatives et politiques à une rencontre en décembre destinée à définir les modalités de ce mouvement.

Cognac, le 30/11/08

Par Jean-Claude Chailley, Secrétaire général de Résistance Sociale