Privatisation des Postes européennes...
Quand la cohésion sociale et le service public deviennent les variables d’ajustement libérales
Mis en ligne le 15 janvier 2009
Les déboires de la poste anglaise illustrent parfaitement l’impact néfaste d’un changement de statut, d’une ouverture de capital ou pire d’une privatisation des services postaux. Société anonyme détenue par l’État britannique, la poste anglaise a « failli » faire faillite en 2002. D’où une restructuration gigantesque et un coût social très, très élevé : plus de 30 000 suppressions d’emplois. (...)

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L’exemple le plus frappant vient d’Allemagne. En 1996, Deutsche Post se transforme en société anonyme. Bien entendu ( !), la convention collective est alors modifiée en défaveur des salariés. Le capital de cette poste SA est ouvert en 2000 à hauteur de 32 %. Conséquence terrible sur l’emploi : depuis lors, près de 100 000 emplois ont été supprimés.

A l’heure actuelle, la poste autrichienne supprime 9 000 emplois, soit un tiers des effectifs. Elle va, de plus, fermer un tiers de ses bureaux. Cotée en bourse depuis 2006, cette société compte 26 800 employés. Depuis le début de la privatisation, elle a déjà fermé plus de 1 000 bureaux. Tollé général en Autriche contre la disparition annoncée d’un service de proximité indispensable.

Outre les suppressions d’emplois, ces trois exemples européens montrent que privatiser c’est détruire le service postal. Les effets de la libéralisation sont, hélas, terribles et fragilisent les conditions de travail : il y a un recours accru à l’externalisation et à la sous-traitance ; pour les employés, le temps partiel imposé devient « monnaie courante » tout comme l’utilisation d’intérimaires mal payés.

Espérons qu’en France le rapport de force et les luttes sociales sauveront le service public et notamment la présence postale, source de cohésion sociale…

Par Julien DUVAL - Article paru dans le journal Résistance Sociale de janvier 2009