

La Roumanie aux prises avec des mouvements de protestation rappelle Raed Arafat
Le premier ministre roumain, Emil Boc, a reconduit le populaire Raed Arafat à son poste de sous-secrétaire d’État au ministère de la santé. Sa démission la semaine dernière suite aux réformes des soins de santé proposées par le gouvernement avait déclenché des manifestations violentes à travers le pays.
Un projet de loi sur les soins de santé provoque un tollé en Roumanie
(Voir sur le site Euractiv)
Les efforts du gouvernement pour l’adoption d’un projet de loi controversé sur les soins de santé ont déclenché des protestations parfois violentes qui se sont transformées en manifestations de mécontentement général à propos de la situation économique du pays et de son gouvernement.
La démission la semaine dernière du sous-secrétaire d’État au ministère de la santé, Raed Arafat, suite à la décision du gouvernement d’introduire un projet de loi visant à privatiser la moitié du système de santé, a déclenché une série de manifestations à travers le pays.
Le gouvernement a renoncé à sa proposition, mais les manifestations se sont poursuivies tout le week-end. Dimanche (15 janvier), des manifestants munis de pierres et de cocktails Molotov se sont réunis près de l’université de Bucarest et de violents affrontements ont eu lieu entre la police et les manifestants. Il s’agit des affrontements les plus violents dans la capitale roumaine depuis la révolution de 1989 contre le leader communiste Nicolae Ceauşescu.
Au moins 29 personnes ont été blessées et 15 d’entre elles ont été hospitalisées.
Au sommaire ce mois-ci :
p1 et 2 : L’édito / p2 : Solidarité internationale / p3 à 5 : Place au débat : exonérations, TVA « sociale », CSG… adieu 45 ! / p6 : Peut-on enrayer la crise du logement ? / p7 : Actualité sociale / Notes de lecture / p8 : Coup de gueule
L’édito de Marinette Bache :
En ce début d’année 2012, permettez-moi de souhaiter à chacune et chacun d’entre vous une excellente année sur le plan personnel et familial, mais aussi sur le plan militant.
Car en cette année d’élections présidentielle et législatives, c’est aussi, bien sûr, d’autres vœux plus politiques que je formule : j’espère que 2012 sera une année qui restera dans la mémoire collective comme ayant apporté aux salariés plus de justice sociale, un droit du travail à nouveau protecteur, une protection sociale rénovée et un travail stable et correctement rémunéré pour chacun ; j’espère que les pauvres cesseront de s’appauvrir et les riches de s’enrichir outrancièrement ; j’espère que les organisations syndicales, unies, sauront imposer au patronat la mise en place de nouveaux droits… Bref j’espère que 2012 sera non seulement une année de résistance sociale, mais aussi comme cela n’est plus depuis 3 décennies, une année de reconquêtes sociales !
Vœux pieux, me direz-vous ? On pourrait le penser alors que l’année commence par des hausses qui atteignent surtout les plus fragiles : EDF, GDF, transports, santé, produits de consommation courante, tout augmente notamment par le biais de la hausse de la TVA. De plus, voilà que ressurgit le projet de création d’une TVA « sociale », censé nous protéger contre les délocalisations, mais qui a pour but réel de transférer une partie des cotisations sociales « patronales » sur les ménages. Qui peut croire un seul instant que cette baisse des cotisations sera compensée par une hausse des salaires ? On ne doute pas, vu l’appui du MEDEF à cette nouvelle réforme, qu’en réalité ce sont les patrons et les actionnaires qui en profiteront, une fois de plus, eux qui ont été déjà si bien servis par le gouvernement ces dernières années, comme on le voit pour les entreprises du CAC 40 que, manifestement, l’austérité ne concerne pas ! Comme le dit Mme Parisot : « il est légitime de demander un effort aux hauts revenus tant que celui-ci reste symbolique »…
Dans sa note sur la fiscalité (au sens « administrations publiques », incluant la protection sociale), Henri Sterdiniak (président des "Economistes atterrés") notait que de 1999 à 2008 les cotisations employeurs ont baissé de 0,5 point de PIB, soit environ 100 mds € / an.
Il y a de nombreuses raisons, dont la baisse des salaires dans la valeur ajoutée. Il y a aussi les exonérations de cotisations sociales qui se montent actuellement à environ 30 mds € / an. 90 % sont compensés à la Sécurité sociale. Mais compensées ou non, l’ensemble alimente la dette. Le montant cumulé à fin 2012 sera de 380 mds €, soit environ 19 points de PIB. Ce montant ne comprend pas les intérêts qui sont loin d’être négligeables. Par exemple si on emprunte les 380 mds à 3%, le montant des intérêts composés sera de 50 mds € à 10 ans.
Il n’y a guère de discussion quant à l’effet sur l’emploi, au mieux faible, voire négatif, puisqu’en augmentant la dette ces exonérations génèrent plan de rigueur sur plan de rigueur, ce qui impacte la consommation donc la croissance et l’emploi.
Les dirigeants européens veulent imposer en urgence un nouveau traité pour rassurer les marchés. Ceux-ci viennent de nommer directement des banquiers à la tête des gouvernements grec et italien. Les agences de notation pèsent lourdement sur la campagne présidentielle française, où les candidats à la victoire du second tour font assaut de « responsabilité » pour rassurer les spéculateurs.
C’est dans ce contexte qu’Attac organise en partenariat avec Médiapart une journée des alternatives le 15 janvier « Leur dette, notre démocratie », de 9h30 à 18h, à l’Espace Reuilly (21 rue Hénard, Paris 12ème, métro Montgallet).
Cliquez ICI pour voir le tract de la journée.
REsistance SOciale
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Présidente de RESO
et directrice de la
publication :
Marinette BACHE