Journal Resistance Sociale n° 193
Juin 2020

Au sommaire ce mois-ci :

p.1 : L’édito / p. 2 : A l’international / p.3 à 6 : Place au débat / p. 6 : Les bras m’en tombent / p.7 : Actualité sociale / p.8 : Coup de gueule

L’édito de Marinette Bache

Au fur et à mesure que nous franchissons les étapes du confinement, nous découvrons que demain, contrairement à ce que les naïfs auraient pu croire des propos de Macron, sera le reflet d’hier… ou pire qu’hier.

On nous annonce déjà des milliers de chômeurs supplémentaires (300 000 en Ile-de-France selon Valérie Pécresse) et ceci dans le but de revenir plus encore sur les lois protégeant les salariés et sur le Code du travail. Le Medef, dont les propositions sont reprises par divers ministres, réclame, sous prétexte des difficultés des entreprises, toujours plus de précarité. Ah ! la « liberté » de licencier ! On nous refait le coup du « on est tous dans le même bateau ». Sauf que certains sont au gouvernail et que les autres rament…

L’ambiance des manifestations des soignants n’a pas évolué. Glissons sur les imbéciles qui viennent pour casser le mobilier urbain, les vitrines et… du flic ; ils ne font qu’apporter de l’eau au moulin de nos adversaires. Ils ont toujours été les ennemis de la classe ouvrière. Ces mobilisations, toujours aussi importantes et soutenues par l’opinion publique, sont, comme avant la crise sanitaire, en but à la répression policière systématique sur ordre gouvernemental. Cela n’a pas empêché l’ampleur du mouvement. Outre le gros défilé parisien, plus de 200 rassemblements ont eu lieu dans toute la France à l’appel des organisations syndicales, CGT, FO, SUD, UNSA et du collectif inter-hôpitaux. Les revendications sont claires. Elles reprennent les exigences d’avant COVID-19, dont la pertinence a été démontrée par ces 2 mois et demi : revalorisation générale des salaires (300 à 400 € mensuels pas l’aumône d’une prime), arrêt des fermetures d’hôpitaux, de services et de lits, embauches de personnels. Toutes préoccupations portées par l’ensemble de la communauté hospitalière, médecins, personnels infirmiers et soignants rejoints par les divers personnels de santé et les employés des EHPAD. (...)

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COMMUNIQUÉ DE PRESSE UNITAIRE CGT, Fidl, FSU, Solidaires, Unef, Unl
Le mardi 16 juin toutes et tous mobilisé.e.s pour la santé

Les personnels de santé, du médicosocial, du social, des Ehpad et de l’éducation nationale seront mobilisés pour exiger des moyens conséquents pour de bonnes conditions de travail assurant ainsi un service public de qualité pour tou.te.s les usager.ère.s et patient.e.s. Ils et elles seront en grève aussi pour la reconnaissance de leurs métiers et une revalorisation salariale et professionnelle conséquente avec un dégel immédiat de la valeur du point d’indice.

Pendant plus d’un an, ils et elles ont multiplié les actions pour alerter sur la situation de l’hôpital, des urgences, des déserts médicaux, de l’accueil des personnes âgées laissant craindre, en cas de vague épidémique, de...Lire la suite

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Journal Resistance Sociale n° 192
Mai 2020

Au sommaire ce mois-ci :

p.1 : L’édito / p. 2 : A l’international / p.3 à 6 : Place au débat / p. 6 : Les bras m’en tombent / p.7 : Actualité sociale / p.8 : Coup de gueule

L’édito de Marinette Bache

Plus nous avançons dans le déconfinement, plus nous avons la certitude que, sans reprise en main de la question publique par le peuple, les jours d’après seront dans la droite ligne des jours d’avant.

S’ils ne sont pas pires ! On peut compter sur Macron, Philippe, Darmanin, Pénicaud, Le Maire, Véran, et compagnie pour se faire les parfaits exécuteurs des exigences des financiers si clairement exprimées par le Medef. Après la pandémie si difficilement gérée, le gouvernement a décidé d’organiser un "Ségur de la santé". Gageons que, sans mobilisation unitaire des personnels soignants et médicaux, soutenue par les usagers que nous sommes, ce ne sera qu’un écran de fumée qui, de plus, risque d’accoucher de mesures qui casseront un peu plus l’hospitalisation publique au nom de "l’efficacité". D’ailleurs, pendant la crise, sanitaire, les plans de fermetures des services ont continué. "Nous ne pourrons plus fonctionner comme avant" qu’il disait...

Sous le régime de la loi d’urgence, on en a profité pour privatiser complètement la Poste. La part de l’État dans le capital de celle-ci est passée de 73,68% à 34%. En perspective, une accélération des fermetures de bu-reaux et des suppressions d’emplois. Quant à la distribution quotidienne du courrier, il faut craindre qu’elle ait vécu.

Les mesures dérogatoires au Droit du travail s’accumulent au prétexte de relancer l’activité économique : allongement du chômage partiel, précarisation accrue des contrats de travail, en particulier pour les CDD et les intérimaires, menaces sur les congés, les 35h et les RTT... Pendant qu’en Nouvelle-Zélande, on en profite pour diminuer le temps de travail, en France, après avoir promis une médaille aux soignants, on envoie des chocolats aux postiers. Le mépris pour ne pas dire -pardon- le « foutage de g... » est devenu naturel.

Quant à Renault, empêtré dans des difficultés financières dues à la gestion à court terme de ses PDG et particulièrement de Calos Goshn, il va recevoir un prêt, sans contrepartie, de l’Etat de 5 milliards avec l’assurance donnée par Bruno Le Maire que le constructeur pourra continuer à fermer des sites et à licencier comme il le souhaitera. Aucune exigence ne sera formulée sur la nécessité d’adapter la production, d’une part, au "fabriquer en France", d’autre part, aux impératifs environnementaux. (...)

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Journal Resistance Sociale n° 191
Avril 2020

Au sommaire ce mois-ci :

p.1 et 2 : L’édito / p.3 : A l’international / p.4 et 5 : Libres propos / p.6 et 7 : Place au débat / p.8 : Coup de gueule

L’édito de Marinette Bache et Pierre Kerdraon :

Nous sortirons du confinement. Cette pandémie cessera et nous rependrons une vie normale. Le tout est de savoir ce qui se cache derrière ce mot « normale ».

Pour l’instant, nous traversons l’épidémie dans des conditions difficiles. Nous ne parlons pas du confinement, évidemment difficile à supporter, principalement dans les grandes villes et notamment pour les familles populaires qui vivent dans de petits appartements – les différences sociales ne sont pas neutres à notre époque !

Mais nous parlons plutôt des conditions sanitaires dans lesquelles notre peuple traverse cette épreuve.

- des manques inadmissibles : masques, blouses, gels, tests, respirateurs, …
- des décisions inconséquentes et changeantes : port du masque, question des tests généralisés à la population, ouverture des marchés ouverts et de plein air, étrange « débat » sur l’utilisation de la chloroquine,
- des personnels hospitaliers (médicaux, soignants mais aussi techniques) éreintés par des conditions de travail impossibles, d’autant plus qu’ils sont souvent en nombre insuffisant,
- un manque criant de places en réanimation mais aussi plus largement dans l’ensemble des structures hospitalières alors que les plans de réduction de lits n’ont pas disparu (même si le directeur de l’ARS Grand Est a fait les frais de son franc-parler),
- un état dramatique des EPHAD avec un manque criant de personnel qui s’est révélé mortel pour de très nombreux résidents.

Tout cela n’est pas le fruit du hasard ou du destin comme ose le dire Macron. Si comme l’écrivait Émile de Girardin en 1849 « Gouverner c’est prévoir », les gouvernements de ces trente dernières années n’ont pas prévu grand- chose. Mais pire, ils ont détruit un système hospitalier qui avait fait ses preuves (64 000 lits supprimés en 20 ans tout comme une centaine de structures hospitalières) sans autre préoccupation que l’intérêt des puissants et leur foi inébranlable dans le marché libre et non faussé. Et nous ne pouvons passer ce grave bilan par pertes et profits.

Avant la crise sanitaire, les Français soutenaient déjà les personnels soignants et médicaux des hôpitaux en grève. Avec la crise, ils ont mesuré l’ampleur des dégâts infligés par le libéralisme au service public hospitalier. Et ils ne sont pas prêts à pardonner aux responsables qui ont mis en danger leur santé et celle de leurs proches.

Faisant fi de ce sentiment, Macron et sa « majorité » ont profité de la situation pour faire passer une scandaleuse loi dite « urgence-coronavirus ». Cette loi remet en cause les acquis du droit du travail (Cf. bulletin de mars 2020) mais surtout n’a pas de date de fin d’application. (...)

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Signez cette pétition contre la mise en cause des droits acquis dans la Fonction publique !

RESO vous invite à signer cette pétition contre la mise en cause des droits acquis dans la Fonction publique, par un gouvernement qui profite de la crise santaire :

Merci pour votre soutien !

Par Jean-Claude CHAILLEY - Journal RESO n° 193 (juin 2020)
Appel unitaire signé par Résistance Sociale et publié dans le n° 193 du bulletin RESO (juin 2020)
Journal RESO n° 192 - Mai 2020
Par Jean-Claude CHAILLEY (Journal RESO n° 192 - Mai 2020)
Par Yves LAOT (Journal RESO n° 192 - Mai 2020)
Par Jean-Claude CHAILLEY - Journal RESO n° 191 - Avril 2020
Journal RESO n° 191 - Avril 2020
Par Françoise DAL - Journal RESO n° 191 - Avril 2020
Source : lemonde.fr
Communiqué de Résistance Sociale
Rubrique "Solidarité internationale" - Journal RESO n° 190 - Mars 2020
Rubrique "Avez-vous remarqué ?" - Journal RESO n° 190 - Mars 2020
Un article d’Étienne Girard publié dans "Marianne" le 20 mars 2020
Par Marinette Bache - Journal RESO n° 190 - Mars 2020
Mars 2020 - "Spécial crise sanitaire"
Publié le 21/03/2020 à 21:00 (paru dans Marianne)
Communiqué de la CDDSP - Bulletin RESO N° 189 - Février 2020
Par Marie BERTHOMMIER - Bulletin RESO n° 189 - Février 2020
Par Jean-Claude CHAILLEY - Bulletin RESO n° 189 - Février 2020

REsistance SOciale
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